Dernier numéro

Vous êtes ici : Accueil » Magazines » Dernier numéro » N°140 – Mai/juin 2016

N°140 – Mai/juin 2016

Valeurs-Vertes-140

LA TRICHE

Le père d’un collègue, très impliqué dans la défense de l’environnement, lui disait il y a plus de 20 ans : « Pourquoi tu t’entêtes à défendre des idées pour des gens qui font semblant d’être des convaincus mais n’en attendent que de la popularité ou du business. Ceux-là feront des “copier-coller” de tes livres, se vendront au plus offrant et, toi-même, tu finiras par y perdre tes convictions.» L’actualité donnerait presque raison à cet oiseau de mauvais augure.

Comment ne pas penser aux moteurs diesel de nombreux constructeurs automobiles qui annonçaient des performances en matière d’émissions de CO2, leur donnant une réputation de bons élèves pour la planète. Il faut dire pour leur défense, qu’inventer des normes plus que contraignantes sur le papier et les appliquer à des moteurs thermiques, exige un sacré saut technologique. Ainsi Volkswagen, et d’autres, se sont retrouvés avec le nez de Pinocchio.

Idem pour certains accords internationaux sur le CO2. Pourquoi ne demander des efforts qu’aux entreprises et aux particuliers et laisser de côté les émissions les transports maritimes (porte-containers), les transports aériens et le secteur de la défense militaire… très gros pourvoyeurs de gaz à effet de serre.

Mais la triche se révèle aussi à travers de véritables escroqueries comme la fraude à la TVA des permis carbone qui a, dans les années 2000, enrichi de vrais malfrats. Au Tribunal de Paris, 12 prévenus vont devoir répondre d’une arnaque de 283 millions d’euros. À travers des sociétés fictives, ils achetaient des quotas carbone hors taxe à l’étranger et les revendaient avec la TVA incluse, qu’ils se faisaient rembourser par l’Etat. Celui-ci depuis a mis bon ordre dans cette dérive mafieuse.

L’office européen de police (Europol) chiffre aujourd’hui les pertes de cette escroquerie pour l’Union européenne à 5 milliards d’euros. Nous avions, à l’époque, réalisé un large article sur cette embrouille (cf.VV n°115)

Au moment où l’on s’accorde à donner une valeur à la biodiversité, elle-même valeur inestimable, il serait juste d’écarter les mécanismes soi-disant bons pour l’environnement, qui permettent de tricher. Idem pour les compensations invérifiables dans des endroits inhospitaliers, et autres arrangements de papier, déclamatoires.

Il serait juste aussi de ne pas exiger des industriels qu’ils appliquent des normes intenables et ne pas confier de cahiers des charges à des experts n’ayant aucun sens des réalités industrielles.

Il faut de la bonne foi et du pragmatisme de tout côté. Sans cela, nous ne pourrons anticiper aucun futur.

OU
OU

AU SOMMAIRE

URBANISME
Jean-Michel Wilmotte : PRÉSERVER L’AUTHENTICITÉ DES VILLES
BÂTIMENT DURABLE : QUELLE EFFICACITÉ ÉNERGÉTIQUE ?

CONGRÈS DES MAIRES
VERS DES TERRITOIRES URBAINS ET RURAUX COMPATIBLES ET COMPLÉMENTAIRES ?

COLLECTIVITÉS
FNCCR POUR L’ÉGALITÉ DES TERRITOIRES

SANTÉ
DANIEL BALLESTEROS : POUR UNE MÉDECINE DE L’ÉMOTION
ELEVÉ SANS TRAITEMENT ANTIBIOTIQUE

BIODIVERSITÉ
E-FORUM : QUEL AVENIR POUR GRIGNON ?

INNOVATION
L’INNOVATION EN DANGER ?

ÉCONOMIE
ET SI L’ÉCONOMIE CIRCULAIRE ÉTAIT UN JEU ?
L’INNOVATION LOCALE AU SERVICE DE L’ÉCONOMIE VERTE
L’ÉCONOMIE COLLABORATIVE, UN OUTIL AU SERVICE DES TERRITOIRES ?

AGRICULTURE
LA CRÉDIBILITÉ DU LABEL BIO

FORMATION
S’INTERROGER SUR LA CRISE DE L’INTELLIGENCE
INSCRIPTION AU SÉMINAIRE VALEURS VERTES – APHRENA INDUSTRIE

EN BREF…
CHIFFRES
LIVRES
BRÈVES EAU, BIODIVERSITÉ, INTERNATIONAL, FINANCES
AGENDA

Commentaires