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Le scandale des fonds vautours

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Combien de fleurons sont passés sous domination étrangère en raison de notre trop faible actionnariat national ? Que reste-t-il d’une économie s’il n’existe pas un minimum d’industries de production ? Pour Pierre-Henri Leroy, défenseur des actionnaires et dirigeant de Proxinvest, il faut une meilleure réglementation pour stopper le dépeçage des entreprises. Il dénonce les dérives de manipulation de la dette pour mieux acheter à bas coûts des entreprises viables.

Valeurs Vertes : Pierre-Henri Leroy, vous dîtes qu’il faut réglementer le marché de la dette et les LBO*, pourquoi ?
* LBO : Leverage Buy Out, montage juridico-financier de rachat d’entreprise par effet de levier à un fort endettement bancaire, permettant au repreneur de racheter une société avec un minimum d’argent.   
Pierre-Henri Leroy : Si nous évoquons des sociétés comme Belvédère, Vivarte, Solocal Group, il est évident qu’il faut vite instaurer une réforme, en France comme à l’étranger, du marché de la dette. Certaines sociétés cotées sont épuisées par leurs créanciers qui, parfois, sont en cheville avec les dirigeants associés à un groupe repreneur, concurrent ou pas. Cela produit une énorme casse industrielle, la ruine des actionnaires, la fermeture des sites et la perte des emplois. Nos régulateurs doivent s’en préoccuper.
De plus, il apparaît que la nouvelle procédure de « sauvegarde accélérée », introduite par la Loi de régulation bancaire et financière de 2010, associée à la loi Macron de 2015, risque de permettre aux créanciers de mieux s’approprier des entreprises rentables, aux détriments de leurs actionnaires et de leurs salariés.

V.V. : Comment parviennent-ils à s’approprier à bas prix, quasiment hors marché, des entreprises saines ?
 P-H. L : On voit apparaître une logique de prise de contrôle sans offre publique de groupes sains par rachat de leurs dettes…

V.V. : Mais comment y parviennent-ils alors que le groupe fait des bénéfices ?
P-H. L : Il s’agit pour eux de mettre le groupe en situation de stress bancaire et, par la suite, de le forcer à se vendre au plus bas au syndicat des créanciers ! La pression sur la rentabilité et la remontée de dividende, c’est la première étape puis, face aux difficultés d’échéance, le créancier joue son rôle, resserre l’étau des dettes. Les actionnaires de l’endetté ne peuvent alors que lâcher à bas prix à ces prétendus sauveurs de l’emploi, ceux que certains appellent … les vautours.

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