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La photosynthèse artificielle va-t-elle bouleverser la transition énergétique ?

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Où (et comment ?) naissent-elles, ces découvertes scientifiques majeures qui, une fois devenues opérationnelles puis développées par la technique, modifient notablement le sort des humains et, quelquefois, bouleversent, même, la planète Terre ?

Lorsque je contemple certaines photographies aériennes de New-York, prises du côté d’East River, je médite toujours sur une petite tâche vaguement rougeâtre, perdue au milieu des immenses gratte-ciel. Si je regarde d’un peu plus près, je vois un petit bâtiment de quelques étages où l’on peut repérer deux ou trois minuscules fenêtres. Et je sais que c’est là, derrière trois de ces fenêtres, qu’entre 1925 et 1945, une toute petite équipe, penchée sur de minuscules êtres vivants, les pneumocoques et les staphylocoques, est parvenue en une vingtaine d’années d’efforts à porter plus haut et plus loin, le savoir humain pour ce qui touchait à la vie, aux choses de la vie, aux secrets de la vie. C’est derrière ces fenêtres, en effet, que l’on a découvert les antibiotiques, et que l’on a su démontrer, aussi, le rôle de l’ADN. Deux découvertes qui ont, vraiment, influé sur les humains et leur monde. Je me dis, cependant, que le sérieux et la créativité des chercheurs qui ont opéré là ne sont pas suffisants pour expliquer ces succès passés. Ce qu’il a fallu aussi, c’est une remarquable organisation qui savait favoriser l’émergence d’un état d’esprit apaisé autant qu’exigeant. C’étaient en effet là ce qu’avaient voulu les créateurs du Rockefeller Institute for Medical Research. Des chercheurs engagés pour défier l’inconnu sans avoir de date butoir précisément fixée.

Pareil exemple doit, aujourd’hui, nous pousser à méditer et nous interroger : fait-on tout ce qu’il faudrait pour encourager, et aider ceux, parmi les savants de notre temps qui sont porteurs d’idées et de programmes de recherche originaux et ambitieux, qui ont de grandes chances de parvenir à leurs fins ? Fait-on tout ce qu’il faut pour que, dans quelques décennies, nos successeurs, passant devant les laboratoires où ils auront travaillé, puissent se dire, à leur tour, que c’est là derrière ces fenêtres qu’ont été conduit les travaux ayant changé leur vie ? Je réfléchissais à tout cela, en quittant le Collège de France, ce Haut-lieu de l’Intelligence Française, où, depuis cinq siècles maintenant, la fine fleur de la recherche, toutes disciplines confondues, reçoit pour mission, en grande liberté, de réfléchir pour chercher du neuf et enseigner, année après année, le fruit du labeur effectué. Devant le Collège de France, se dresse la statue de Claude Bernard, médecin émigré de son Beaujolais natal et devenu dans le sillage de son Maître Magendie le grand penseur et expérimentateur de la physiologie, « la physiologie en personne » a-ton dit. Dans la cour d’honneur, s’impose, ensuite, la statue de Champollion, venu lui de Figeac dans le Lot, et qui médite profondément. Découvrir le secret des hiéroglyphes, et comprendre comment un même pictogramme peut signifier ce qu’il représente ou un phonème qui lui est attaché, cela nécessitait en effet une grande concentration et de longs efforts.

Si j’étais allé, ce jour là, au Collège de France, ce n’était pas m’esbaudir sur Claude Bernard ou Champollion ni même pour assister en amphithéâtre à l’un des prestigieux cours qu’organise le Collège, et que diffuse, tôt le matin, France Culture, mais pour y rencontrer, en tête à tête, l’un des professeurs : Marc Fontecave, qui a entrepris, depuis plusieurs années, des recherches qui, déjà, apportent du neuf scientifique, mais qui, demain, j’en suis convaincu, permettront, au moins en partie, de réussir ce qui est l’objet de tant de débats passionnés aujourd’hui : la transition énergétique.

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