| OGM, toujours le désamour |
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Tous les ans, l’ISAAA (International Service for the Acquisitions of Agri-biotech Applications) publie un rapport sur l’état des cultures OGM dans le monde. Malgré sa position pro-OGM, le dernier rapport avait peu de grain à moudre pour la défense des cultures transgéniques.
La rapport a été rédigé
par le Clive James, détenteur d’un PhD de l’université de Cambridge
en agronomie, fondateur et président de l’ISAAA. Selon le site Internet
de l’ISAAA, la mission de cette organisation internationale à but
non lucratif est de faire partager les bénéfices des biotechnologies
dans le domaine de l’agriculture, en particulier envers les paysans
pauvres des pays en voie de développement. Le rapport rappelle que
les plantes génétiquement modifiées (PGM) ont été commercialisées
pour la première fois en 1996 et atteignent 134 millions d’hectares
en 2009 (+7%, par rapport à 2008). Entre 1996 et 2009, la surface des
PGM a été multipliée par 80… Ce qui en ferait « la technologie
végétale adoptée le plus rapidement dans l’histoire récente de
l’agriculture. Ceci reflète la confiance de 14 millions d’agriculteurs
à travers le monde, (…) à cause des multiples bénéfices significatifs
qu’elle offre. »
Inf’OGM, association reconnue d’intérêt général qui décrypte l’actualité mondiale sur les OGM et les biotechnologies, s’étrangle devant ces affirmations : une multiplication par 80 en partant de l’année 0 ne signifie rien ! « Nous soulignerons, au contraire, que l’enthousiasme pour les PGM se ralentit. On est passé de 13% d’augmentation des surfaces cultivées avec des PGM entre 2005 et 2006, à 12% (2006 - 2007), puis à 9,6% (2007- 2008) et cette année, ce taux est tombé à 7%. » L’association continue le décryptage : « l’Isaaa préfère évoquer des chiffres non vérifiables car non sourcés », comme ceux sur le riz Bt. « Il a le potentiel d’accroître les rendements de 8%, de diminuer l’usage des pesticides de 80% (17kg/ha) et de générer des bénéfices annuels de 4 milliards de dollars ». Avec le décodeur : « L’Isaaa parle de potentiel... C’est là où le bât blesse. Supposons que ces chiffres soient issus d’une culture en serre, cela ne nous dit rien sur les rendements de ce riz Bt dans des champs réels, cultivé par des paysans qui n’ont pas forcément les moyens d’acheter les intrants pour être au maximum du potentiel... Et ce riz Bt est comparé à quelle variété ? » Autant de questions auxquelles ne répond pas le rapport, présentant néanmoins les OGM comme la solution pour lutter contre la faim dans le monde. Ainsi, il met l’accent sur l’adoption des cultures génétiquement modifiées par les pays en voie de développement. Argentine, Brésil : qui cultive des OGM dans ces pays ? « Les businessmen, qui possèdent des dizaines de milliers d’hectares » répond Inf’OGM. Et, au total, les Etats-Unis concentrent 89 % des cultures transgéniques, ou 97 % si l’on exclut le coton Bt, cultivé en Inde et en Chine principalement. En Europe, la tendance est à la diminution des surfaces, passant de 107 719 hectares à 94 750 entre 2008 et 2009. Cette baisse concerne tous les pays, exceptés la Pologne et le Portugal. Réagir sur le Forum du Développement Durable.
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