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OGM : Un sujet qui fâche !
Les rapports se multiplient et entraînent des échanges de plus en plus acerbes faute de concordance de résultats !
Où en sommes-nous à l'heure actuelle ? Quelles législations aujourd'hui ? et demain ? Participez à un dialogue sans parti pris et analysons ensemble la situation d'un sujet qui fâche !
Posez vos questions et participez au prochain forum Valeurs Vertes le mercredi 27 mai prochain à 10h30
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Bonjour,Bonjour,
Nous voici sur un sujet qui depuis des années constitue un sujet de discorde et même aujourd'hui nous manquons d'éclairages lors d'une conférence récente, un scientifique me disait "les scientifiques ne sont pas neutres, ils ont aussi leur opinion !" Est-ce que sur le sujet des OGM il y a trop de scientifiques avec trop d'opinions divergentes ? Comment au final le décideur politique et le citoyen peuvent-ils se faire une idée des enjeux économiques et humains des OGM ?
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Les ogm sont partout et ça sert surtout à aider les géants de l'agroalimentaire à gagner toujours plus, tout en touchant des subventions énormes de l'Europe qui vont comme d'habitude au plus riche. J'aimerais bien savoir pourquoi ils ont acheté la plupart des terres fertiles de l'Europe de l'Est (terre à blé de Roumanie ou la Pologne) où ils utilisent déjà tous les OGM qu'ils souhaitent.
A noter que l'Europe subventionne à hauteur de plusieurs millions d'euros certaines de ces firmes, comment ne pas perdre la bataille des ogm dont le plus grand risque me paraît être la perte de la biodiversité !
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Nous savons que l'Argentine a désormais des cultures 100% OGM mais paradoxalement c'est aussi l'endroit où il y a le plus d'abeilles ! Nous sommes demandeurs d'un avis de scientifique sur ce paradoxe ?
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Et comme bien sûr les bovins argentins sont nourris avec des céréales biOGM... on devine ce qu'on mange. Attention, je ne dis pas que nous risquons notre santé mais juste que notre savoir-faire est plus grand que notre champ prévisionnel sur les conséquences potentiels futures... L'Europe en pense quoi ? Les candidats élus dans 15 jours, ils se positionnent comment ?
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Je pense que beaucoup de candidats ont leur opinion sur ce sujet mais j'aimerais revenir au coeur du débat, c'est à dire les OGM pour souligner qu'il existe une réglementation européenne spécifique dont l'objectif est de s'assurer que les OGM peuvent être utilisés sans risque pour la santé et pour l'environnement. Cette analyse s'appuie sur l'évaluation des experts par l'autorité administrative et politique. Sous la pression des opposants aux OGM, d'autres facteurs ont été pris en considération: l'étiquetage des denrées, si elles contiennent plus de 0.9% d'OGM (le seuil de présence fortuite), la tracabilité qui permet de suivre du champ à l'assiette le parcours de l'OGM et la biovigilance qui identifie les éventuels effets néfastes sur l'environnement. Mais les détracteurs des OGM s'opposent à cette réglementation qu'ils ont contribué à faire adopter. La transparence permet de trouver les parcelles à faucher.
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faut-il condamner la recherche sur les vaccins au prétexte qu'elle a permis l'élaboration d'armes bactériologiques ?
Cette analogie pour souligner que l'on parle d'une technologie, qui demande sans doute encore du recul, mais dont les représentants (notamment maïs et soja OGM) sont loin d'être convainquant pour l'Europe. Il est difficile de généraliser un point de vue sur les OGM qui mélangerait tous les OGM, la manière dont ils sont promus par les multinationales, les questions de santé et d'environnement ...
le débat sur le Mon 810 ne peut être généralisable à toute recherche ou utilisation future d'OGM.
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Le sujet des OGM est trop souvent un pretexte pour tout ceux qui ne veulent pas se poser les réelles questions quant à l'agriculture de demain. "nourrir la planète" n'est pas un slogan, c'est un impératif et il faut répondre rapidement à cette question en développant les meilleurs techniques. Il ne s'agit pas d'être pour ou contre les OGM, il s'agit de comparer les solutions. Le bio n'est pas la réponse à la question pour des raisons de productivité (combien de terres faudra t il mettre en culture en plus?). Alors gardons les meilleures combinaisons pour la planète, OGM y compris si leurs avantages sont prouvés.
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Merci de ramener dans notre débat une opinion de sagesse. A travers les OGM ressurgit le principe de précaution effectivement si on l'avait appliqué à certaines découvertes bénéfiques pour l'humanité par faute d'expérimentations. Pourquoi le débat sur le MON 810 a-t-il autant focalisé les oppositions ?
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marikita a écrit:
combien de terres faudra t il mettre en culture en plus?
Nous savons que les sols fertiles sont en régression soit à cause d'un urbanisme effréné soit par épuisement, soit à cause du dérèglement climatique. Le défi alimentaire sera en plus exacerbé par l'explosion démographique, d'ailleurs le directeur général de la FAO écrivait "qu'il faudrait obtenir, d'ici 2050, un milliard de tonnes de céréales de plus par an", c'est à dire accroître la production agricole de 55%. LE bio ne suffira pas à nourrir dans les prochaines années la population planétaire. D'ailleurs en France, les spécialiste s'accordent à fixer dans les prochaines années un pourcentage de 20% du bio dans le total des productions agricoles.
La Terre peut nourrir l'humanité à condition que des méthodes de gouvernance vérifiées se mettent en place et qu'il n'y ait pas de parti pris contre la science et contre l'expérimentation de terrain. On doit écouter les experts mais aussi les partis prenantes : ONG sérieuses. Tous ce qui est loin du cirque médiatique qui profite du brouillard pour faire de l'argent.
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Danielle Nocher a écrit:
Pourquoi le débat sur le MON 810 a-t-il autant focalisé les oppositions ?
la conjonction d'une nouvelle technologie, de l'agitation d'une menace pour la santé , la perte de confiance en une agriculture industrialisée , le pouvoir redoutable d'une multinationale ... et des avantages agronomiques peu évidents ...
bref, un mauvais support pour une discussion raisonnable et raisonnée sur l'intérêt et les risques des OGMs
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marikita a écrit:
Le bio n'est pas la réponse à la question pour des raisons de productivité (combien de terres faudra t il mettre en culture en plus?). Alors gardons les meilleures combinaisons pour la planète, OGM y compris si leurs avantages sont prouvés.
Pour ce qui est de la productivité: la terre a mis plusieurs milliards d'années à se construire, notre corps se développe jusqu'à nos 20 ans. La question du travail avec la terre ne doit pas tenir compte en grande partie à la productivité, c'est le temps qui développe les meilleurs produits. (Je ne dis pas qu'il ne doit pas être pris en compte, juste qu'il n'est pas la priorité).
Ensuite, plus de cultures, il me semble normal que nous augmentons nos espaces de culture puisque la démographie augmente, c'est une conséquence évidente.
Et pour ce qui des espaces de culture, nous avons exploiter au mieux nos espaces en France mais qu'en est-il des autres ?
J'ai voyagé à travers les continents, et plus spécialement l'Afrique, et combien de terres fertiles sont exploitables mais inutilisées. Les espaces de culture ne sont pas réduits et nous pouvons en découvrir bien d'autre sauf que l'intérêt de certains gouvernements et lobbies stoppent à la racine ces possibilités...
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V.Morard a écrit:
le pouvoir redoutable d'une multinationale ...
Depuis l'utilisation de l'agent orange lors de la guerre du Vietnam qui était un défoliant redoutable, cette firme n'était pas la plus populaire pour défendre les OGM et la campagne de publicité qui avait eu lieu il y a plus de 10 ans était d'une stupidité consternante. A partir de là, tout dialogue s'est transformé en pugilat. Et nous en payons le prix aujourd'hui. Tant de postures et d'impostures cachent les enjeux réels de ces technologies qui ne doivent pas non plus asservir le petit producteur indépendant attaché à son terroir que se soit en Europe ou aux Indes.
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JBouchard a écrit:
l'Afrique, et combien de terres fertiles sont exploitables mais inutilisées.
Dans un de nos récents colloques, Thomas Granier, Président d'une ONG, et Karen Serres, Présidente du groupe Femmes dans l'agriculture de la FIPA, soulignaient combien il était difficile par faute de gouvernance ou d'équipement de cultiver au mieux ces terres par manque de titularisation. Il existe des groupes d'agricultrices qui cultivent des jardins, les irriguent mais une fois devenus fertiles, le chef du village ou d'autres locaux les attribuent à leur parenté. Il faut accepter l'idée de titulariser les terres tout comme pour Thomas Granier, il faut que certaines activités humaines de production ne passent pas forcément par le numéraire, l'économie informelle peut se révéler efficace. Il ne faut en aucun cas plaquer notre système occidental sur des économies plus subtiles car il n'aboutit souvent qu'à accentuer la précarisation des populations et à enrichir quelques privilégiés qui ont pinacle sur rue dans les endroits les plus chères de la planète.
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Je connais bien également les Pays du Sud.
Les espaces disponibles ne seront pas à la hauteur de l'effort à fournir, et les changements climatiques ne sont pas un facteur favorable. Produire local oui quand c'est possible. Mais l'eau reste le facteur clef.
Quid aussi de votre remarque sur la biodiversité quand il faut empiéter sur la forêt, les marais...? Michel Griffon du Cirad prône pour une "agriculture écologiquement intensive".
Cela ne veut pas dire que les problèmes au Sud doivent trouver forcément les mêmes réponses qu'au Nord, y compris pour les modes de redistribution, mais pourquoi se priver globalement de solutions techniques comme les biotechnologies?
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vous avez raison, il ne faut se priver de rien surtout pas du progrès mais dans ces territoires, il semble bien que le premier frein soit la gouvernance quant à la biodiversité, sa protection par les populations devrait être "rémunérée" de façon informelle. Nous savons que certains parcs nationaux africains ayant levé la tradition du "tabou" ne bénéficie plus de la protection des populations locales qui s'estiment dépossédées. Voilà toute la complexité de la démarche, nous ne prenons jamais assez en compte la tradition de ces populations qui ont aussi un rapport profond avec la nature à condition qu'on ne balaie pas leurs croyances. C'est toute la difficulté de "penser global et agir local"
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Bien d'accord avec vous, l'eau, en incluant son irrigation, est la priorité dans la démarche d'agrandissement des espaces de culture et tout ceci sans empiéter sur la biodiversité qui les entoure !
Et je soutiens avec vous le principe d'utiliser les solutions techniques modernes, je n'oserais pas remettre en cause nos avancés. Il est juste nécessaire, c'est dans notre responsabilité, de vérifier les effets de nos technologies qui nous dépassent. "Le gouffre entre la force du savoir prévisionnel et le pouvoir du faire engendre un nouveau problème éthique", Hans Jonas.
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Mon nouveau livre "OGM, le nouveau Graal ? Un dialogue à quatre voix : le scientifique, l'écologiste, l'industriel et la journaliste" vient de paraître aux Editons Belin (m. J'ai essayé de présenter les points divers et parfois contadictoires de ceux qui sont favorables et de ceux qui s'opposent aux OGM. En passant en revue les interrogations qui se posent sur la santé, l'environnement et les aspects économiques. La question qui peut résumer toutes celles que pose la culture d'un OGM à fin alimentaire (et non pas des OGM) est, me sembe-t-il la suivante : cet OGM peut-il contribuer à assurer de manière durable la sécurité alimentaire (avoir assez d'aliments pour se nourrir) des habitants de notre planète. Ma réponse est oui pour les OGM qui ont été autorisés à la cultrue et à la consommation, mais que ces OGM ne sont qu'un atout parmi beaucoup d'autres pour nourrir les hommes dans trente ans.
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