#1 21-04-2009 10:11:50

V.Morard
Membre
Date d'inscription: 21-04-2009
Messages: 10

au fait ... à quoi servent les pesticides ?

Cette question pour proposer simplement un autre angle au débat : avant de s'interroger par quoi peut-on remplacer les pesticides , n'est-il pas pertinent de réfléchir ce qui entraîne leur utilisation ?

L'exemple des acaricides en viticulture est à ce titre emblématique ... l'usage accru de produits insecticides non sélectifs (i.e.: détruisant aussi les arthropodes "utiles") a entraîné l'augmentation des populations d' "araignées" rouges et jaunes (acariens), nécessitant l'emploi croissant de produits acaricides dont les profils toxicologiques et écotoxicologiques n'étaient pas des meilleurs ... (nombre d'entre eux sont aujourd'hui retirés du marché).
C'est une réflexion sur le rétablissement des équilibres (comment favoriser la réapparition des prédateurs naturels, d'autres acariens, les typhlodromes) qui a permis de changer les pratiques et diminuer l'emploi des pesticides .

On utilise les pesticides pour préserver un rendement pas pour l'augmenter, pour prémunir les cultures d'attaques parasitaires (cf le mildiou sur pomme de terre et vigne en 2007) ... et pardon pour cette lapalissade, la meilleure façon d'en réduire l'usage, c'est d'avoir des plantes saines ...

l'enjeu est donc,  avant de se poser la question des solutions alternatives, complémentaires, de réfléchir à comment promouvoir un système de production ayant parmi ses principaux critères de qualité, la santé des plantes : entrent alors en ligne de compte, le choix des variétés, les assolements, la fertilisation, les pratiques de semis etc ...  l'usage de pesticides n'étant perçu que comme le dernier recours ... bon, je n'ai fait que rappeler les principes de la production intégrée selon l'OILB (organisation internationale pour la lutte biologique) mais je dois avouer que je trouve le débat "bio" vs "pesticides" souvent vain
(NB : pesticides naturels vs pesticides de synthèses ??)

enfin, ce qui favorise l'usage de pesticides (de synthèse), c'est leur rentabilité pour l'agriculteur qui les emploie  : quand le coût d'un passage insecticide est inférieur à celui d'un quintal de blé, on est dans un système où la force motrice (la spéculation sur les matières premières) génère inévitablement des excès en bout de chaîne (dans l'utilisation des "réponses") mais parfaitement légitimes du point de vue du producteur.

Si l'économie ne favorise et ne récompense pas un modèle de production "vertueux", il est difficile (voire inéquitable) de faire reposer sur le seul acteur en bout de chaîne, l'agriculteur, la responsabilité de la question "pesticides or not pesticides".

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#2 22-04-2009 10:33:13

jean charles BOCQUET
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Date d'inscription: 21-04-2009
Messages: 6

Re: au fait ... à quoi servent les pesticides ?

votre analyse conforte le fait qu'il faut arrêter d'opposer les méthodes ,qu'il s'agisse des méthodes de protection, mais aussi des méthodes de production!!  en fonction des conditions du territoire (sol, climat, végétation naturelle) ,des besoins de consommateurs, des capacités (financières et techniques) de l'agriculteur et de ceux qui travaillent avec lui on pourra plus facilement produire "BIO" ou "Raisonné" .....sachant que globalement ,en avant le GRENELLE!!!!, les efforts de tous contribuent à une production agricole saine et compétitive respectant de plus en plus les milieux.

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#3 22-04-2009 14:48:05

JFP
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Date d'inscription: 20-04-2009
Messages: 4

Re: au fait ... à quoi servent les pesticides ?

OK avec V Morard : la rentabilité pour l'agriculteur est sa motivation directe (comparaison avec une intervention manuelle par exemple, attente d'une rendement net supérieur...).
Ceci dit : la rentabilité pour le producteur n'est pas seulement à court terme.
Les contraintes économiques d'aujourd'hui, dans une certaine mesure, l'incitent à voir plus loin : coût des traitements, préservation de son sol, préservation des auxiliaires, etc.
Les contraintes réglementaires sont aussi là pour "l'inciter" au respect de l'environnement en un sens plus global. Quand elles vont dans le bon sens, ces contraintes finissent par être bien respectées.
Mais attention à ce que ces contraintes, à force de s'accumuler et quelquefois de se contredire ne soient pas contre-productives, voire inapplicables...
(cela rejoint mon message dans la partie "solutions alternatives" du forum : nécessité de solutions diversifiées)
Quand un producteur de tomates voit disparaître, sans solution de remplacement et sans raison de fond, un acaricide compatible avec les auxiliaires biologiques, il peut être incité... au rejet global de la réglementation.
Globalement, les produits phytosanitaires ne sont pas anodins. Tout le monde en sera d'accord.
Ils nécessitent réglementation et formation. Des règles simples et applicables. Un effort permanent de formation des acteurs.
Et nous ne devons pas oublier qu'ils servent à protéger les plantes. Les producteurs en ont besoin.
Plus encore toute la société en a également besoin. A moins, entre autres choses, de vouloir remettre les enfants de 10 ans à ramasser des doryphores. Et ce n'est pas une simple vue de l'esprit.

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#4 26-11-2009 10:47:25

JM PETAT Dr Environnement
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Date d'inscription: 26-11-2009
Messages: 3

Re: au fait ... à quoi servent les pesticides ?

M. Morard cite l'exemple des acaricides en viticulture comme emblématique.
Il a sur ce point raison puisque la solution au développement des araignées rouge et jaune  a mobilisé les expertises des praticiens et l'innovation des firmes phytosanitaires . En effet , le développement des populations d'acariens naturels prédateurs de ces araignées a été permis par
- la recherche des firmes phytosanitaires qui a mis au point des fongicides sélectif des ces acariens prédateurs ( typhlodromes)
- l utilisation des ces fongicides par les viticulteurs grâce à la mobilisation des prescripteurspermettant
- la reconstitution des populations d'acariens prédateurs suffisant pour controler les araignéées rouges ou jaunes

résultats : alors que les acaricides étaient utlisés sur 200 000 ha de vigne , leur utilisation  se limite aujourd'hui a environ  50 000 ha ( là où les thyphlodromes sont insuffisants compte tenu de la pression des araignées rouge ou jaune)
moralité  : il ne faut pas opposer les techniques ni les hommes , il faut au contraire se mobiliser tous ensembles pour trouver la solution la plus équilibrée sans vision manichéenne

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