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Éthique et responsabilité

CHRISTIAN-BRODHAGLa morale s’est invitée au coeur du débat présidentiel. Une part de l’opinion publique ne se satisfait plus de ce qui légalement autorisé pour s’intéresser aussi à ce qui est moralement acceptable. Cette question de la morale a été le plus souvent en France cantonnée au champ religieux ou à des traditions et donc de facto exclu du champ laïc et de la modernité. Le champ de l’action publique est alors uniquement régit par la loi et un modèle rationnel légal. L’intégration de ces questions morales dans la société relève de l’éthique, c’est-à-dire la façon dont des problèmes de morale, personnels ou communautaires, sont publiquement discutés, promus et déclinés dans des déontologies qui les rendent opérationnels dans des contextes professionnels notamment.

La progression de l’éthique permet une progression de la confiance tant au niveau public, en améliorant la gestion des biens publics et des communs, que privé, en renforçant l’efficacité du marché.
Sur un plan interpersonnel et privé tout d’abord, toute relation de coopération et d’échange laisse des espaces de vulnérabilité qui peuvent être exploités par la tromperie d’un des acteurs et donc empêcher l’établissement d’une véritable relation de confiance. Dans une relation contractuelle, les contrats sont nécessairement incomplets. Si l’un des contractants cherche à en exploiter les failles, il rompt la confiance. Sur le plan institutionnel, il en est de même. Les règles de fonctionnement de la société sont formalisées dans le droit, mais celui-ci laisse toujours des failles qui peuvent être exploitées par des opportunistes, détournant l’objectif de la loi. L’une des solutions consiste à renforcer l’arsenal juridique, à prévoir des clauses formelles anticipant chacun des détournements possibles. Il faut alors rédiger des contrats avec des clauses nombreuses et une loi précise dans les détails. Mais plus il se complexifie, plus le droit formel laisse la place à des incohérences sujettes à contentieux. La judiciarisation des rapports est coûteuse et source de défiance, alors que la progression de l’éthique est source de confiance.

 

L’Iso 26000 aux 7 principes

 Le monde complexe auquel la politique doit répondre, les mutations à conduire, les innovations à promouvoir, ne peuvent se limiter à la compétition encadrée par le droit, elle doit aussi permettre des coopérations s’appuyant sur la confiance, c’est-à-dire basée sur des principes éthiques partagés, tant aux niveaux individuels, qu’organisationnels et institutionnels.

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