N° 105 : Agriculture,

la moisson des idées

vert.jpg


Biodiversité

 

banyuls.jpg



La biodiversité grandeur nature
par Laure Verhaeghe

 

 

Les vignes à flanc de collines grimpent aussi haut que le permet le relief et la montagne rocailleuse plonge dans la Méditerranée bleu azur. Mais le paysage n’est pas la seule richesse de Banyuls-sur-Mer et des environs. Sur cette terre catalane, la faune et la flore rivalisent de diversité.

 

 

« Ici se trouve la plus grande concentration de biodiversité d’Europe ! Cette situation particulière s’explique par la descente des
Pyrénées dans la mer : sur 20 km, de la forêt de la Massane à 1 000 m d’altitude jusqu’aux canyons sous-marins à 2 500 m de
profondeur, les nombreux habitats abritent cette faune et cette flore extraordinaires », explique Gilles Boeuf, président du Muséum national d’Histoire naturelle et de l’Association qui gère la réserve naturelle de la forêt de la Massane. Dès 1881, des scientifiques ont élu domicile sur ces terres, avec l’implantation du Laboratoire océanologique Arago. Défenseurs de la biodiversité qu’ils étudient, ils veillent au grain et ont créé les deux premières réserves de France, sur terre – la réserve naturelle de la forêt de la Massane en 1973 –, et en mer – la réserve marine naturelle de Banyuls-sur-Mer en 1974. 6 400 espèces sur 336 hectares !
Sur la commune d’Argelès-sur-Mer, dans le massif des Albères, la forêt de la Massane abrite une hêtraie non exploitée depuis plus de 120 ans qui se rapproche de ce que serait une forêt primitive des Pyrénées. « 6 400 espèces sur 336 hectares ! », rappelle Gilles Boeuf. Une concentration incroyable de coléoptères, de bousiers – avec un record européen de plus de 60 espèces –, d’oiseaux, de papillons, d’arbres et de champignons, sur lesquels veillent Joseph Garrigue, conservateur, et Jean-André Magdalou, technicien scientifique. Reconnaître l’oiseau à son cri, nommer les insectes en latin, suivre 45 000 arbres, un par un : les deux passionnés contrôlent la réserve et en assurent le suivi scientifique. Il faut regarder au ras du sol, les genoux dans la mousse, ou la tête en l’air, entre les branches des hêtres et des érables, pour prendre conscience de la diversité des lieux. Ici, on laisse aux arbres le temps de vieillir et on garde les bois morts : leurs cavités abritent des espèces
liées aux bois en décomposition.
Mésanges et sitelles y nichent, la cétoine noire y promène sa carapace, Anthaxia Salicis y arbore sa robe aux couleurs métallisées, bleue, verte, jaune et rouge. Ne vous fiez pas à Meloe Proscarabeus, maladroite avec son corset étroit et son abdomen bombé : elle produit le poison utilisé par les Médicis mais qui, à petite dose, s’avère être aussi un aphrodisiaque.


La suite dans Valeurs Vertes N°105, le magazine de développement durable.

 
  • jaune.jpg


    Évènements

  • jaune-court.jpg



    agriculture.jpg


    Agricultrices : la nature, leur seconde nature


    Il est temps que les agricultrices sortent de l'ombre et revendiquent leur part d'égalité, elles qui ont toujours su assumer les temps difficiles. Venez découvrir leur témoignage et leur engagement le jeudi 2 septembre 2010 à la Foire de Châlons.



    Programme et Inscription

    Valeurs Vertes
    21 avenue de la Motte Picquet
    75007 Paris
    Tél. 01 40 62 96 49
    Fax 01 40 62 94 99